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Article source : Hirslund E, Patience C, Hang P, Dabbagh A, Szekeres M. Comparative Outcomes Between Surgical and Conservative Management of Mallet Thumb: A Systematic Review and Pooled Analysis. Hand (N Y). 2026 Feb;21(2):238-248. doi: 10.1177/15589447241291600. Epub 2024 Nov 13. PMID: 39538386; PMCID: PMC11562129.
Le pouce en maillet correspond à une lésion du tendon qui permet de redresser la dernière phalange du pouce. L’extrémité du pouce reste alors fléchie, avec une difficulté ou une impossibilité à la redresser activement. Deux situations principales peuvent se présenter :
- Une lésion tendineuse, sans fracture associée.
- Une avulsion osseuse, dans laquelle le tendon arrache un fragment de son insertion sur la dernière phalange.
Ces lésions sont rares : elles représenteraient environ 2 à 3 % de toutes les lésions en maillet, selon les auteurs. Cette rareté explique pourquoi les publications portent souvent sur un seul patient ou sur de petites séries.
Les auteurs ont rassemblé 23 études, soit 103 pouces traités : 51 par chirurgie et 52 par traitement conservateur. Ils ont comparé les mouvements obtenus après traitement, les complications, la force et, lorsque ces données existaient, les difficultés ressenties par les patients.
Les traitements regroupés dans l’article sont très différents les uns des autres. Le traitement conservateur repose sur une immobilisation, avec plusieurs types d’attelles et des durées variables. La phase initiale d’immobilisation continue allait de deux à huit semaines, six semaines étant la durée la plus fréquente. Certaines équipes ajoutaient ensuite une période de port nocturne. Cela décrit les pratiques étudiées : l’article ne démontre pas quelle durée est la meilleure.
La chirurgie était également variée : réparation du tendon, fixation du fragment osseux par broches, vis ou plaque, parfois avec immobilisation temporaire de l’articulation par une broche. L’étude compare donc deux grandes familles de traitements, chacune regroupant plusieurs techniques.
Les résultats principaux peuvent se lire ainsi :
Flexion du pouce
Résultat observé : Moyenne de 74,2° après traitement conservateur, contre 58,4° après chirurgie
Lecture clinique : Les pouces traités sans opération se pliaient davantage au dernier contrôle
Extension du pouce
Résultat observé : Davantage d’hyperextension après chirurgie
Lecture clinique : Les pouces opérés allaient davantage au-delà de la position droite ; cela ne prouve pas une meilleure fonction
Limitation importante de flexion
Résultat observé : Environ 8 % après traitement conservateur, contre 31 % après chirurgie, parmi les cas évaluables
Lecture clinique : Une flexion réduite était plus souvent observée après chirurgie
Complications
Résultat observé : Globalement moins rapportées après traitement conservateur
Lecture clinique : La tendance favorise l’attelle, mais les chiffres sont peu robustes
Force et gêne dans la vie quotidienne
Résultat observé : Données insuffisantes pour comparer les groupes
Lecture clinique : On ne peut pas déterminer quel traitement permet la meilleure utilisation réelle du pouce
Le résultat le plus intéressant concerne la flexion. Les auteurs soulignent qu’il ne suffit pas de retrouver un pouce bien redressé : il faut aussi pouvoir le plier pour les gestes de préhension. Une correction de l’extension accompagnée d’une raideur importante peut donc laisser une gêne.
Cependant, l’étude ne démontre pas directement que les patients ayant davantage de flexion utilisent mieux leur main. Pour le prouver, il aurait fallu comparer leur force, leur douleur, leur dextérité, leur reprise des activités et leur satisfaction. Or ces informations manquent surtout dans le groupe conservateur.
Les complications demandent une lecture prudente. Après chirurgie, les auteurs rapportent notamment des infections, des déformations de l’ongle, des problèmes de cicatrisation, des douleurs et des complications liées au matériel. Neuf pouces opérés sur 51 présentaient au moins une complication rapportée, soit 17,6 %.
Pour le traitement conservateur, l’article donne deux chiffres différents : 2,4 % dans la section des résultats et 11,5 % dans la discussion, avec des comptages et des dénominateurs différents, insuffisamment expliqués. Il est donc raisonnable de retenir une tendance à moins de complications, mais pas un avantage chiffré avec précision.
Plusieurs limites expliquent pourquoi ces résultats ne permettent pas de trancher :
- Les lésions ne sont pas comparables au départ. Les avulsions osseuses étaient plus fréquentes dans le groupe opéré. Certaines lésions pouvaient aussi être plus déplacées ou moins stables. Une récupération moins bonne après chirurgie peut donc être liée à la gravité initiale, et pas uniquement à l’opération.
- Beaucoup de mesures manquent. La moyenne de flexion repose sur 39 pouces opérés et seulement 24 pouces traités conservativement, alors que les groupes comptaient respectivement 51 et 52 pouces.
- Certaines amplitudes ont été estimées. Quand une publication indiquait simplement une « flexion complète », les auteurs lui attribuaient une valeur de référence de 80°. Une partie des moyennes repose donc sur une interprétation de descriptions qualitatives.
- Les délais de suivi et la rééducation varient. Une amplitude mesurée quelques semaines après le traitement n’est pas forcément comparable à celle mesurée plusieurs mois ou années après.
- Les études sont de faible qualité dans l’ensemble. Selon l’évaluation des auteurs, 17 études étaient de faible qualité et six de qualité modérée.
Un point mérite particulièrement d’être retenu : aucun questionnaire évaluant les difficultés ressenties par les patients n’était disponible dans le groupe conservateur. De même, aucune mesure de force n’était rapportée dans ce groupe. L’article renseigne donc mieux les mouvements de l’articulation que le résultat vécu au quotidien.
Pour la pratique, cette revue renforce l’intérêt de considérer le traitement conservateur lorsque les caractéristiques de la lésion le permettent. Elle ne justifie pas de traiter systématiquement tous les pouces en maillet par attelle. Les situations présentant une instabilité, une subluxation ou certaines fractures articulaires demandent une appréciation spécifique ; l’article ne permet pas de fixer un seuil opératoire universel.
Elle rappelle également que la rééducation et les modalités d’immobilisation font partie du résultat thérapeutique. Une différence de mobilité ne peut pas être attribuée au seul geste chirurgical si les durées d’immobilisation et la progression des exercices diffèrent.
🇬🇧 English
Mallet thumb
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Source article: Hirslund E, Patience C, Hang P, Dabbagh A, Szekeres M. Comparative Outcomes Between Surgical and Conservative Management of Mallet Thumb: A Systematic Review and Pooled Analysis. Hand (N Y). 2026 Feb;21(2):238–248. doi:10.1177/15589447241291600. Published online 13 November 2024. PMID:39538386; PMCID:PMC11562129.
Mallet thumb is an injury to the tendon that straightens the thumb’s terminal phalanx. The tip remains flexed and is difficult or impossible to straighten actively.
Two principal situations occur: a tendon injury without an associated fracture, or a bony avulsion in which the tendon pulls a fragment from its insertion on the terminal phalanx.
These injuries are rare, reportedly representing approximately 2–3% of all mallet injuries. This explains why publications often concern a single patient or small series.
The authors pooled 23 studies comprising 103 treated thumbs: 51 surgical and 52 conservative. They compared postoperative movement, complications, strength and, where available, patient-reported difficulties.
The included treatments varied considerably. Conservative care used immobilisation with different splints and durations. Initial continuous immobilisation ranged from two to eight weeks, most commonly six. Some teams subsequently added night-time wear. These are descriptions of the practices studied; the article does not establish the best duration.
Surgery also varied: tendon repair; fixation of a bone fragment with wires, screws or plates; and sometimes temporary joint transfixion with a wire. The study therefore compares two broad treatment groups, each combining several techniques.
Main findings
Thumb flexion: mean 74.2° after conservative treatment versus 58.4° after surgery. At final follow-up, non-operatively treated thumbs bent further.
Thumb extension: greater hyperextension after surgery. Operated thumbs moved further beyond straight; this does not prove better function.
Substantial flexion restriction: approximately 8% after conservative treatment versus 31% after surgery among evaluable cases. Reduced flexion was more frequently observed after surgery.
Complications: generally fewer were reported after conservative treatment. The trend favours splinting, but the figures are not robust.
Strength and everyday difficulties: insufficient data for comparison. The treatment providing the best real-world use of the thumb cannot be determined.
The most interesting finding concerns flexion. The authors emphasise that restoring a straight thumb is not enough: it must also bend for grasping. Corrected extension accompanied by substantial stiffness may therefore leave functional difficulties.
However, the study does not directly demonstrate that patients with greater flexion use their hand better. This would require comparisons of strength, pain, dexterity, return to activity and satisfaction. Such information is especially lacking in the conservative group.
Complications require cautious interpretation. Reported surgical complications included infection, nail deformity, healing problems, pain and hardware-related problems. Nine of 51 operated thumbs had at least one reported complication: 17.6%.
For conservative treatment, the article gives two different figures: 2.4% in the results and 11.5% in the discussion, using different counts and denominators that are insufficiently explained. It is reasonable to retain a trend towards fewer complications, without quantifying the advantage precisely.
Why the findings are not definitive
The initial injuries were not comparable. Bony avulsions were more frequent in the surgical group; some injuries may also have been more displaced or less stable. Worse surgical outcomes may therefore reflect initial severity as well as surgery itself.
Many measurements were missing. Mean flexion was based on 39 operated thumbs and only 24 conservatively treated thumbs, although the groups contained 51 and 52 respectively.
Some ranges were estimated. When a publication reported only “full flexion”, the authors assigned a reference value of 80°. Some averages therefore depend on interpretation of qualitative descriptions.
Follow-up and rehabilitation varied. Motion measured a few weeks after treatment is not necessarily comparable to motion measured months or years later.
Overall study quality was limited: the authors rated 17 studies as low quality and six as moderate quality.
A particularly important point is that no patient-reported outcome questionnaire was available in the conservative group. No strength measurement was reported in that group either. The article therefore informs us more about joint movement than about the patient’s everyday experience.
Implications for practice
This review reinforces consideration of conservative treatment when injury characteristics permit. It does not justify treating every mallet thumb with a splint. Instability, subluxation and certain intra-articular fractures require specific assessment; the article cannot define a universal surgical threshold.
It also reminds us that rehabilitation and immobilisation are part of the treatment outcome. Differences in motion cannot be attributed to the surgical procedure alone when immobilisation durations and exercise progression differ.
🇪🇸 Español
Pulgar en martillo
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Artículo fuente: Hirslund E, Patience C, Hang P, Dabbagh A, Szekeres M. Comparative Outcomes Between Surgical and Conservative Management of Mallet Thumb: A Systematic Review and Pooled Analysis. Hand (N Y). 2026 Feb;21(2):238–248. doi:10.1177/15589447241291600. Publicación electrónica: 13 de noviembre de 2024. PMID:39538386; PMCID:PMC11562129.
El pulgar en martillo corresponde a una lesión del tendón que extiende la falange distal del pulgar. Su extremo permanece flexionado, con dificultad o imposibilidad para extenderlo activamente.
Existen dos situaciones principales: una lesión tendinosa sin fractura asociada o una avulsión ósea en la que el tendón arranca un fragmento de su inserción en la falange distal.
Son lesiones raras: según los autores, representarían alrededor del 2–3% de todas las lesiones en martillo. Esta rareza explica que las publicaciones suelan describir un solo paciente o series pequeñas.
Los autores reunieron 23 estudios, con 103 pulgares tratados: 51 mediante cirugía y 52 de forma conservadora. Compararon la movilidad tras el tratamiento, las complicaciones, la fuerza y, cuando existían datos, las dificultades percibidas por los pacientes.
Los tratamientos incluidos fueron muy heterogéneos. El tratamiento conservador se basaba en inmovilización con distintos tipos de férulas y duraciones. La fase inicial de inmovilización continua oscilaba entre dos y ocho semanas, siendo seis semanas la duración más frecuente. Algunos equipos añadían después un período de uso nocturno. Esto describe las prácticas estudiadas: el artículo no demuestra cuál es la mejor duración.
La cirugía también fue diversa: reparación tendinosa, fijación del fragmento óseo con agujas, tornillos o placa y, en ocasiones, inmovilización temporal de la articulación mediante una aguja. Se comparan, por tanto, dos grandes familias de tratamientos que agrupan varias técnicas.
Resultados principales
Flexión del pulgar: media de 74,2° tras tratamiento conservador frente a 58,4° tras cirugía. En el último control, los pulgares no operados se flexionaban más.
Extensión del pulgar: mayor hiperextensión tras cirugía. Los pulgares operados sobrepasaban más la posición recta; esto no demuestra una mejor función.
Limitación importante de flexión: aproximadamente un 8% tras tratamiento conservador frente a un 31% tras cirugía, entre los casos evaluables. La reducción de flexión se observó con más frecuencia tras cirugía.
Complicaciones: en conjunto se comunicaron menos tras tratamiento conservador. La tendencia favorece la férula, pero las cifras son poco sólidas.
Fuerza y dificultades cotidianas: datos insuficientes para comparar. No puede determinarse qué tratamiento permite un mejor uso real del pulgar.
El resultado más interesante concierne a la flexión. Los autores subrayan que no basta con recuperar un pulgar extendido: también debe flexionarse para la prensión. Una extensión corregida acompañada de rigidez importante puede dejar dificultades funcionales.
Sin embargo, el estudio no demuestra directamente que los pacientes con mayor flexión utilicen mejor la mano. Para ello habría que comparar fuerza, dolor, destreza, vuelta a las actividades y satisfacción. Estos datos faltan especialmente en el grupo conservador.
Las complicaciones requieren una interpretación prudente. Tras cirugía se describen infecciones, deformidades ungueales, problemas de cicatrización, dolor y complicaciones del material. Nueve de los 51 pulgares operados presentaron al menos una complicación comunicada: 17,6%.
Para el tratamiento conservador, el artículo ofrece dos cifras distintas: 2,4% en resultados y 11,5% en discusión, con recuentos y denominadores diferentes insuficientemente explicados. Es razonable retener una tendencia a menos complicaciones, sin cuantificar con precisión la ventaja.
Por qué los resultados no son definitivos
Las lesiones iniciales no eran comparables. Las avulsiones óseas eran más frecuentes en el grupo quirúrgico; algunas lesiones también podían estar más desplazadas o ser menos estables. Un peor resultado quirúrgico puede relacionarse con la gravedad inicial y no solo con la operación.
Faltan numerosas mediciones. La flexión media se basa en 39 pulgares operados y solo 24 tratados conservadoramente, aunque los grupos incluían 51 y 52, respectivamente.
Algunas amplitudes fueron estimadas. Cuando una publicación solo indicaba «flexión completa», los autores asignaban un valor de referencia de 80°. Parte de las medias depende, por tanto, de interpretar descripciones cualitativas.
El seguimiento y la rehabilitación variaban. Una amplitud medida pocas semanas después del tratamiento no es necesariamente comparable a otra medida meses o años después.
La calidad global era limitada: los autores calificaron 17 estudios como de baja calidad y seis como de calidad moderada.
Conviene destacar que no había cuestionarios sobre las dificultades percibidas por los pacientes en el grupo conservador. Tampoco se comunicaron mediciones de fuerza en ese grupo. El artículo informa mejor de la movilidad articular que de la experiencia cotidiana del paciente.
Implicaciones prácticas
La revisión refuerza el interés de considerar el tratamiento conservador cuando las características de la lesión lo permitan. No justifica tratar sistemáticamente todos los pulgares en martillo con férula. La inestabilidad, la subluxación y determinadas fracturas articulares exigen una valoración específica; el artículo no permite establecer un umbral quirúrgico universal.
También recuerda que la rehabilitación y las modalidades de inmovilización forman parte del resultado. Una diferencia de movilidad no puede atribuirse solo al gesto quirúrgico si las duraciones de inmovilización y la progresión de ejercicios difieren.





