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🇫🇷 Français
Article source
Bastien J, Rouzaud S. When should splint treatment start for a tendinous mallet finger? A retrospective review of 319 fingers. Hand Surgery and Rehabilitation. 2021.
Objectif de l’étude
Cette étude rétrospective évalue l’influence du délai entre la survenue d’un doigt en maillet tendineux et le début du traitement par attelle sur les résultats cliniques.
L’objectif principal était de déterminer si une prise en charge précoce apporte de meilleurs résultats et, inversement, si les formes vues tardivement peuvent encore bénéficier efficacement d’un traitement conservateur par immobilisation.
Méthodologie
L’étude porte sur 319 doigts en maillet tendineux traités de manière conservatrice.
Le protocole reposait sur une immobilisation stricte de l’articulation interphalangienne distale (IPD) en extension pendant 8 semaines, à l’aide d’une orthèse thermoformée de type Stack.
Étaient notamment exclus :
-
les doigts en maillet avec composante fracturaire ;
-
les atteintes associées à une arthrose significative ;
-
les patients présentant une mauvaise observance du traitement ;
-
les atteintes du pouce.
Les résultats cliniques ont été classés selon les critères de Patel, en quatre catégories :
-
excellent ;
-
bon ;
-
moyen ;
-
mauvais.
Résultats principaux
Globalement, 91 % des patients obtiennent un résultat considéré comme excellent ou bon, confirmant l'efficacité du traitement conservateur du doigt en maillet tendineux.
Lorsque les patients sont répartis selon le délai de mise en place de l’attelle :
-
traitement débuté avant 20 jours : 86 % de résultats bons ou excellents ;
-
traitement débuté après 20 jours : 98 % de résultats bons ou excellents.
Cette différence est rapportée comme statistiquement significative.
Ces résultats sont particulièrement intéressants car ils ne montrent pas de dégradation des résultats lors d’une prise en charge tardive. Au contraire, dans cette cohorte, les patients traités après 20 jours présentent proportionnellement davantage de bons ou excellents résultats.
Cette observation ne permet cependant pas d’affirmer qu’il serait préférable de retarder volontairement le traitement : l’étude est rétrospective et plusieurs facteurs de confusion peuvent expliquer cette association.
Influence de l’inflammation locale
Les auteurs observent que certains signes cliniques présents au niveau dorsal de l’IPD sont associés à des résultats moins favorables, notamment :
-
rougeur ;
-
douleur ;
-
gonflement ;
-
signes inflammatoires locaux.
Ils évoquent ainsi l’hypothèse selon laquelle l’état inflammatoire aigu des tissus au moment de l’immobilisation pourrait influencer les conditions de cicatrisation de l’appareil extenseur.
Cette hypothèse pourrait contribuer à expliquer les résultats paradoxalement meilleurs observés chez certains patients traités plus tardivement, lorsque la phase inflammatoire initiale s’est atténuée.
Il s’agit toutefois d’une hypothèse physiopathologique et non de la démonstration d’un lien causal.
Intérêt du traitement dans les formes tardives
Un enseignement majeur de cette étude est que l’ancienneté de la lésion ne constitue pas, à elle seule, une contre-indication au traitement conservateur.
Les doigts en maillet pris en charge tardivement, y compris les formes évoluant depuis plus de quatre semaines, peuvent encore répondre favorablement à une immobilisation correctement conduite.
Ainsi, un traitement par orthèse peut rester pertinent malgré :
-
un retard diagnostique ;
-
une consultation tardive ;
-
ou une déformation déjà installée depuis plusieurs semaines.
La chronicité ne doit donc pas conduire systématiquement à abandonner une tentative de traitement orthopédique.
Intérêt d’une seconde période d’immobilisation
Chez certains patients dont le résultat était insuffisant après les 8 premières semaines d’immobilisation, les auteurs ont proposé une nouvelle période de traitement par attelle.
Cette prolongation a permis une amélioration clinique chez une proportion importante de ces patients.
Cela suggère qu’un résultat imparfait à 8 semaines ne doit pas nécessairement être considéré comme un échec définitif du traitement conservateur.
Une prolongation ou une nouvelle période d’immobilisation peut être discutée avant d’envisager d’autres stratégies thérapeutiques.
Conclusion
Cette étude portant sur 319 doigts en maillet tendineux confirme la forte efficacité globale du traitement conservateur par immobilisation stricte de l’IPD, avec 91 % de résultats bons ou excellents.
Elle apporte surtout trois messages cliniques importants :
-
Une prise en charge tardive peut rester très efficace.
Le délai écoulé depuis la lésion ne constitue donc pas, à lui seul, un argument pour renoncer au traitement orthopédique. -
Les signes inflammatoires locaux semblent associés à de moins bons résultats.
Les auteurs évoquent un possible rôle de l’environnement inflammatoire dans la cicatrisation tendineuse, mais cette relation reste hypothétique. -
Une première période d’immobilisation insuffisante n’implique pas nécessairement un échec définitif.
Une seconde période ou une prolongation du traitement peut encore permettre une amélioration.
🇬🇧 English
When should orthotic treatment begin for a tendinous mallet finger?
Source article
Bastien J, Rouzaud S. When should splint treatment start for a tendinous mallet finger? A retrospective review of 319 fingers. Hand Surgery and Rehabilitation. 2021.
Study objective
This retrospective study assesses how the interval between onset of a tendinous mallet finger and initiation of splint treatment influences clinical outcomes.
Its main objective was to determine whether early treatment produces better outcomes and, conversely, whether late-presenting cases can still benefit effectively from conservative immobilisation.
Methods
The study involved 319 conservatively treated tendinous mallet fingers.
The protocol consisted of strict distal interphalangeal (DIP) joint immobilisation in extension for eight weeks using a thermoplastic Stack-type orthosis.
Exclusions included mallet fingers with a fracture component, significant associated osteoarthritis, poor treatment adherence and thumb injuries.
Clinical outcomes were classified using Patel’s criteria into four categories: excellent, good, fair and poor.
Main findings
Overall, 91% of patients achieved an excellent or good result, supporting the effectiveness of conservative treatment of tendinous mallet finger.
When grouped by time to splint application, treatment started before 20 days produced 86% good or excellent outcomes, versus 98% when started after 20 days.
This difference was reported as statistically significant.
These findings are of particular interest because they show no deterioration in outcomes with late presentation. In this cohort, patients treated after 20 days actually had proportionately more good or excellent outcomes.
However, this observation does not establish that treatment should deliberately be delayed: the study was retrospective, and several confounding factors could explain the association.
Influence of local inflammation
The authors observed that certain dorsal DIP clinical findings were associated with less favourable outcomes: redness, pain, swelling and local inflammatory signs.
They therefore proposed that the acute inflammatory state of the tissues at the start of immobilisation might influence healing conditions of the extensor mechanism.
This hypothesis could help explain the paradoxically better outcomes in some later-treated patients, once the initial inflammatory phase had subsided.
It remains a pathophysiological hypothesis, however, rather than evidence of a causal relationship.
Value of treatment in late-presenting cases
A major lesson is that time since injury is not, by itself, a contraindication to conservative treatment.
Late-presenting mallet fingers, including cases present for more than four weeks, may still respond favourably to appropriately managed immobilisation.
Orthotic treatment may therefore remain relevant despite delayed diagnosis, late consultation or a deformity established for several weeks.
Chronicity should not automatically lead clinicians to abandon an attempt at non-operative treatment.
Value of a second period of immobilisation
For some patients whose outcome was insufficient after the first eight weeks of immobilisation, the authors offered another period of splint treatment.
This extension produced clinical improvement in a substantial proportion of these patients.
This suggests that an imperfect result at eight weeks should not necessarily be regarded as definitive failure of conservative treatment.
An extension or second immobilisation period may be discussed before considering other treatment strategies.
Conclusion
This study of 319 tendinous mallet fingers supports the overall effectiveness of strict DIP immobilisation, with 91% good or excellent outcomes.
It provides three principal clinical messages.
1. Late treatment may remain highly effective. Time since injury alone is therefore not sufficient reason to abandon non-operative treatment.
2. Local inflammatory signs appear associated with poorer outcomes. The authors suggest a possible role for the inflammatory environment in tendon healing, but the relationship remains hypothetical.
3. An insufficient first immobilisation period does not necessarily mean definitive failure. A second period or extension of treatment may still yield improvement.
🇪🇸 Español
¿Cuándo iniciar el tratamiento ortésico de un dedo en martillo tendinoso?
Artículo fuente
Bastien J, Rouzaud S. When should splint treatment start for a tendinous mallet finger? A retrospective review of 319 fingers. Hand Surgery and Rehabilitation. 2021.
Objetivo del estudio
Este estudio retrospectivo evalúa la influencia del tiempo transcurrido entre la aparición de un dedo en martillo tendinoso y el inicio del tratamiento con férula sobre los resultados clínicos.
El objetivo principal era determinar si el tratamiento precoz aporta mejores resultados y, a la inversa, si los casos atendidos tardíamente todavía pueden beneficiarse de la inmovilización conservadora.
Metodología
El estudio incluyó 319 dedos en martillo tendinosos tratados de forma conservadora.
El protocolo consistió en inmovilización estricta de la articulación interfalángica distal (IFD) en extensión durante ocho semanas mediante una órtesis termoplástica de tipo Stack.
Se excluyeron, entre otros, los dedos en martillo con componente de fractura, los casos asociados a artrosis significativa, los pacientes con mala adherencia al tratamiento y las lesiones del pulgar.
Los resultados clínicos se clasificaron según los criterios de Patel en cuatro categorías: excelente, bueno, regular y malo.
Resultados principales
En conjunto, el 91% de los pacientes obtuvo un resultado excelente o bueno, lo que respalda la eficacia del tratamiento conservador del dedo en martillo tendinoso.
Al agruparlos por el tiempo hasta la colocación de la férula, el tratamiento iniciado antes de 20 días produjo un 86% de resultados buenos o excelentes, frente al 98% cuando se inició después de 20 días.
La diferencia se describe como estadísticamente significativa.
Estos resultados son especialmente interesantes porque no muestran un empeoramiento de los resultados cuando la atención es tardía. En esta cohorte, los pacientes tratados después de 20 días presentaron proporcionalmente más resultados buenos o excelentes.
No obstante, esta observación no permite afirmar que sea preferible retrasar deliberadamente el tratamiento: el estudio es retrospectivo y varios factores de confusión pueden explicar la asociación.
Influencia de la inflamación local
Los autores observaron que ciertos signos clínicos dorsales de la IFD se asociaban con resultados menos favorables: enrojecimiento, dolor, hinchazón y signos inflamatorios locales.
Plantean así que el estado inflamatorio agudo de los tejidos al iniciar la inmovilización podría influir en las condiciones de cicatrización del aparato extensor.
Esta hipótesis podría contribuir a explicar los resultados paradójicamente mejores de algunos pacientes tratados más tarde, una vez atenuada la fase inflamatoria inicial.
Sin embargo, sigue siendo una hipótesis fisiopatológica y no la demostración de un vínculo causal.
Interés del tratamiento en los casos tardíos
Una enseñanza importante es que la antigüedad de la lesión no constituye por sí sola una contraindicación del tratamiento conservador.
Los dedos en martillo atendidos tardíamente, incluidos los casos de más de cuatro semanas de evolución, todavía pueden responder favorablemente a una inmovilización bien realizada.
El tratamiento ortésico puede, por tanto, seguir siendo pertinente pese a un retraso diagnóstico, una consulta tardía o una deformidad establecida desde hace varias semanas.
La cronicidad no debe llevar automáticamente a descartar un intento de tratamiento ortopédico.
Interés de un segundo período de inmovilización
En algunos pacientes con un resultado insuficiente tras las primeras ocho semanas de inmovilización, los autores propusieron un nuevo período de tratamiento con férula.
Esta prolongación permitió una mejoría clínica en una proporción importante de esos pacientes.
Esto sugiere que un resultado imperfecto a las ocho semanas no debe considerarse necesariamente un fracaso definitivo del tratamiento conservador.
Puede discutirse una prolongación o un segundo período de inmovilización antes de considerar otras estrategias terapéuticas.
Conclusión
Este estudio de 319 dedos en martillo tendinosos respalda la elevada eficacia global de la inmovilización estricta de la IFD, con un 91% de resultados buenos o excelentes.
Aporta tres mensajes clínicos principales.
1. El tratamiento tardío puede seguir siendo muy eficaz. El tiempo transcurrido desde la lesión, por sí solo, no es motivo suficiente para renunciar al tratamiento ortopédico.
2. Los signos inflamatorios locales parecen asociarse a peores resultados. Los autores sugieren un posible papel del entorno inflamatorio en la cicatrización tendinosa, pero la relación sigue siendo hipotética.
3. Un primer período de inmovilización insuficiente no implica necesariamente un fracaso definitivo. Un segundo período o una prolongación del tratamiento todavía puede producir mejoría.




